L’actuariat est la discipline qui applique les mathématiques, les statistiques et la finance à l’évaluation des risques. L’actuaire est le professionnel qui l’exerce. L’Institut des actuaires, qui organise et représente la profession en France, le définit comme « un expert de l’évaluation, de la modélisation et de la gestion des risques », issu d’une formation de haut niveau en mathématiques appliquées, mais aussi en droit, en économie et en comptabilité. Cet article décrit le métier, son cadre réglementaire, les formations reconnues et les titres délivrés par l’Institut, à partir de sources officielles.
Ce que fait un actuaire
Selon la fiche métier de l’Onisep, l’actuaire conçoit ou modifie les contrats d’assurance et mesure les risques encourus par son entreprise à l’aide de statistiques, d’algorithmes et de modélisations. Concrètement, il évalue la probabilité d’un risque (tempête, krach boursier, mortalité) et son coût probable, puis en déduit des barèmes de tarification et des règles de surveillance des résultats. Il suit aussi l’évolution des réserves financières de l’entreprise et la réglementation européenne sur la solvabilité.
L’Onisep précise que, dans un grand groupe, les actuaires sont spécialisés (solvabilité, finances, tarification, provisionnement), alors qu’ils sont plus polyvalents dans les petites structures.
Où travaillent les actuaires
L’Institut des actuaires cite l’assurance, la réassurance, les mutuelles, la prévoyance, les retraites, le contrôle, la banque et la gestion d’actifs, l’industrie, le conseil, l’audit, la recherche et l’enseignement.
La seule répartition chiffrée publiée par l’Institut provient de son enquête « Carrière et rémunération » (sondage OpinionWay, 1 099 répondants, présentation de juin 2024) :
| Secteur d’activité déclaré | Part des répondants |
|---|---|
| Assurance | 52 % |
| Conseil actuariel | 18 % |
| Réassurance | 12 % |
| Économie sociale (institutions de prévoyance et mutuelles) | 7 % |
| Finance et gestion d’actifs, banque, autre conseil, audit, enseignement, autres | 11 % au total |
Il s’agit des réponses de membres de l’Institut à un sondage, et non d’un recensement de la profession.
La fonction actuarielle imposée par Solvabilité II
Le régime prudentiel Solvabilité II est entré en application en janvier 2016 (EIOPA). En France, l’article L. 354-1 du Code des assurances, en vigueur depuis le 1er janvier 2016, impose aux entreprises d’assurance et de réassurance un système de gouvernance comprenant quatre fonctions clés : la gestion des risques, la vérification de la conformité, l’audit interne et la fonction actuarielle.
L’article R. 354-6 du même code, créé par le décret n° 2015-513 du 7 mai 2015, fixe les missions de la fonction actuarielle :
- coordonner le calcul des provisions techniques prudentielles ;
- vérifier que les méthodologies, les modèles et les hypothèses utilisés sont appropriés ;
- apprécier le caractère suffisant et la qualité des données ;
- comparer les meilleures estimations aux observations empiriques ;
- donner un avis sur la politique globale de souscription et sur la réassurance ;
- contribuer à la mise en œuvre du système de gestion des risques ;
- informer le conseil d’administration ou de surveillance de la fiabilité du calcul des provisions.
Le texte exige des personnes qui exercent cette fonction une connaissance des mathématiques actuarielles et financières adaptée aux risques de l’entreprise (article R. 354-6-1). Il n’impose pas, en revanche, de porter le titre d’actuaire ni d’être membre de l’Institut des actuaires. L’Institut indique seulement que certaines entreprises incitent leurs actuaires à obtenir la certification pour occuper des fonctions clés.
La norme IFRS 17
La norme comptable internationale IFRS 17 « Contrats d’assurance » s’applique aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2023 (IFRS Foundation). Elle concerne l’évaluation comptable des contrats d’assurance, un domaine où interviennent les actuaires.
Les formations reconnues par l’Institut des actuaires
D’après l’Onisep, le métier s’exerce à bac + 5 : diplôme d’actuaire, diplôme de statisticien mention actuariat ou master. L’Institut des actuaires publie la liste des formations initiales qu’il reconnaît. Elles donnent accès au statut d’actuaire associé après la soutenance d’un mémoire d’actuariat devant le jury de l’Institut.
| Formation | Lieu |
|---|---|
| Collège des Ingénieurs | Paris |
| ENSAE | Palaiseau |
| ESSEC, filière actuariat ESSEC-ISUP | Cergy-Pontoise |
| EURIA, Euro-Institut d’actuariat | Brest |
| ISFA, Institut de science financière et d’assurances | Lyon |
| ISUP | Paris (Sorbonne Université) |
| Université de Strasbourg (DUAS) | Strasbourg |
| Université Paris-Dauphine | Paris |
Une neuvième formation, l’Institut du risque et de l’assurance de Le Mans Université, a été accréditée par l’assemblée générale de l’Institut du 12 mars 2024, avec une période probatoire jusqu’en 2030.
L’EURIA, l’ISFA, l’ISUP, Strasbourg et Dauphine recrutent notamment par un concours commun ouvert aux étudiants de niveau bac + 2 (concours CEAS). Deux filières de formation continue sont également reconnues pour les professionnels en poste : le master actuariat du CNAM et le certificat d’expertise actuarielle de l’Institut du Risk Management, accessible avec un bac + 5 et deux ans d’expérience professionnelle.
Toutes ces voies mènent à un bac + 5 et s’adressent à des profils scientifiques (classes préparatoires, licence de mathématiques, diplôme d’ingénieur). Le BTS Assurance ne figure pas parmi les formations reconnues par l’Institut et ne donne pas accès au titre d’actuaire. Les débouchés accessibles à bac + 2 sont présentés sur la page Quel métier avec un BTS Assurance.
Les titres : actuaire associé, qualifié, certifié
- Actuaire associé : statut obtenu à l’issue d’une formation reconnue et de la soutenance du mémoire.
- Actuaire qualifié : l’actuaire associé doit justifier d’au moins trois ans d’expérience professionnelle en actuariat, désigner un référent qualifié, déposer un dossier auprès de la commission de qualification et suivre une formation au professionnalisme fondée sur le code de déontologie de l’Institut.
- Actuaire certifié : l’actuaire qualifié doit en outre disposer d’au moins 120 points de perfectionnement professionnel continu (PPC) au 31 décembre de chaque année. Ce niveau correspond au statut international « Fully Qualified ».
Le site de l’Institut affichait 5 723 actuaires lors de notre consultation, le 11 octobre 2026.
Salaire
L’Onisep indique un salaire de débutant « à partir de 3 300 euros brut par mois ». L’enquête de l’Institut des actuaires fait état d’un salaire fixe brut annuel moyen déclaré de 92 000 € en 2023, tous niveaux d’expérience confondus, et de 56 400 € pour les répondants ayant moins de cinq ans d’expérience. Ces montants sont déclaratifs.
Sources
- Institut des actuaires, « Qu’est-ce qu’un actuaire ? »
- Institut des actuaires, formations initiales reconnues
- Institut des actuaires, master actuariat du CNAM
- Institut des actuaires, certificat d’expertise actuarielle (IRM)
- Institut des actuaires, devenir actuaire qualifié ou certifié
- Institut des actuaires, enquête « Carrière et rémunération », sondage OpinionWay (PDF)
- Onisep, fiche métier « Actuaire »
- Légifrance, Code des assurances, article L. 354-1
- Légifrance, Code des assurances, articles R. 354-1 à R. 354-8
- EIOPA, Solvency II
- IFRS Foundation, IFRS 17 Insurance Contracts
Article mis à jour le 11 octobre 2026.
En résumé : salaire, évolution et formations
💶 Salaire — 42 000 – 55 000 € brut/an dès l'embauche, 60 000 – 80 000 € après quelques années.
📈 Évolution — Actuaire produit ou réassurance, consultant, puis directeur technique (chief actuary) ou directeur des risques.
Formations menant à ce métierVoir aussi : tous les métiers de l'assurance par formation
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N Ross