Séjour à l’étranger pendant un arrêt maladie : est-ce autorisé ?

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Le cadre réglementaire entourant un séjour à l’étranger pendant un arrêt maladie suscite de nombreuses interrogations tant du côté des salariés que des organismes de sécurité sociale. Jusqu’à récemment, une autorisation préalable de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) était nécessaire pour maintenir le versement des indemnités journalières de sécurité sociale en cas de déplacement hors du territoire français. Cette condition, inscrite dans un arrêté de 1947, a été remise en question à la faveur d’une jurisprudence récente. En 2024 et 2025, la Cour de cassation et le Conseil d’État ont clarifié le régime juridique applicable, soulignant les limites de ce contrôle administratif au regard des contraintes médicales et du droit du travail. Pourtant, la situation demeure complexe, mêlant aspects légaux, conventions internationales et considérations pratiques sur la santé du salarié en congé maladie.

Dans un contexte où le voyage à l’étranger s’inscrit parfois dans une volonté de repos ou de soins complémentaires, la réglementation relative à l’indemnisation et aux conditions d’arrêt maladie se doit d’être connue avec précision. Le droit évolue et s’adapte notamment aux exigences modernes de mobilité, posant un enjeu majeur pour les bénéficiaires d’arrêt maladie qui envisagent un séjour hors de France. Le présent article explore exhaustivement les règles applicables, les conséquences potentielles sur l’indemnisation, ainsi que les bonnes pratiques à observer pour un séjour conforme aux exigences de la sécurité sociale.

Cadre juridique des séjours à l’étranger pendant un arrêt maladie

La réglementation entourant les déplacements d’un salarié en arrêt maladie, notamment hors du territoire national, repose sur un ensemble de textes légaux et réglementaires qui ont évolué au fil du temps. Initialement, l’arrêté du 19 juin 1947 fixait les conditions selon lesquelles un malade pouvait quitter sa circonscription.

Historique et fondements réglementaires

L’arrêté de 1947, article 37 au 9e alinéa, précisait que la caisse primaire pouvait autoriser le déplacement du patient à l’étranger si le médecin traitant ordonnait ce déplacement pour des raisons thérapeutiques ou par convenance personnelle justifiée. Cette disposition visait à encadrer l’usage des indemnités journalières. La CPAM devait, préalablement, donner son accord pour que les indemnités soient maintenues pendant ce voyage.

Ce contrôle avait pour objectif de garantir que le déplacement ne nuise pas au bon suivi médical et au contrôle médical réalisé par les services de la sécurité sociale. Dans le cas contraire, le salarié risquait une suspension des indemnités. Dès lors, la procédure classique demandait au bénéficiaire d’en informer la CPAM et d’obtenir un accord formel pour son départ.

Jurisprudence récente et évolutions

En 2024, la Cour de cassation s’est interrogée sur la légalité de cette exigence administrative, au regard de l’article L323-6 du Code de la sécurité sociale qui impose au bénéficiaire d’indemnités de se soumettre aux contrôles médicaux. Or, un séjour à l’étranger peut rendre impossible cette obligation. Le Conseil d’État a tranché le 28 novembre 2024 en déclarant illégal le 9e alinéa de l’article 37 de l’arrêté de 1947, en précisant que l’autorisation préalable ne pouvait plus constituer une condition pour le versement des indemnités journalières.

Suite à cette décision, la Cour de cassation a confirmé en juin 2025 que le refus de la CPAM de verser les indemnités journalières du fait d’une absence d’autorisation constitue un fondement illégal. Désormais, un salarié en arrêt maladie n’a plus à obtenir une permission préalable de la CPAM pour séjourner à l’étranger, tout en percevant ses indemnités, sous réserve des règles de contrôle médical.

  • 🛑 Obligation de respecter les contrôles médicaux malgré le séjour à l’étranger
  • ⚠️ Risque d’interruption d’indemnisation en cas d’impossibilité du contrôle
  • 📜 Fin de l’obligation d’autorisation préalable par la CPAM

Ce changement force à repenser le cadre d’indemnisation et la surveillance des arrêts maladie dans un contexte de mobilité accrue.

Conditions médicales et d’indemnisation lors d’un séjour hors France

Le départ à l’étranger pendant un arrêt maladie met en jeu à la fois l’état de santé du salarié et le maintien des prestations versées par l’assurance maladie. L’indemnisation repose sur le respect d’obligations médicales qui ne sont pas toujours compatibles avec un séjour à l’étranger.

Obligations liées au suivi médical durant l’arrêt maladie

Le principal enjeu tient au contrôle médical mis en œuvre par le service de contrôle médical de la sécurité sociale. Ce contrôle permet de vérifier que le bénéficiaire respecte son arrêt de travail et suit les recommandations médicales. Le bénéficiaire est tenu de se soumettre à ces contrôles sous peine de suspendre ses indemnités.

Partir à l’étranger complexifie la réalisation de ces contrôles car ceux-ci nécessitent la présence du salarié dans le pays. Or, la loi impose que ces contrôles soient réalisés par des médecins habilités sur le territoire national. Le décalage géographique peut compromettre cette obligation.

  • 🔎 Contrôles médicaux réguliers par la CPAM
  • 🏥 Suivi médical adapté à la pathologie de l’assuré
  • 📅 Calendrier de visites à respecter impérativement

Conséquences sur l’indemnisation et risques encourus

En cas d’indisponibilité au contrôle médical, les indemnités journalières peuvent être suspendues temporairement. C’est donc à la vigilance du salarié d’organiser son séjour de manière à concilier repos, soins et contrôles médicaux. Un séjour exagéré ou non justifié médicalement pourrait faire l’objet d’une contestation par la Cpam.

Sur le plan indemnitaire, la complexité réside aussi dans la déclaration d’absence et la nécessité d’informer les autorités médicales et administratives. L’absence de déclaration ne conduit pas automatiquement à une suspension des prestations, mais constitue un manquement qui peut être sanctionné.

  • ⏳ Suspension des indemnités en cas de non-réalisation du contrôle
  • 📢 Obligation d’informer la CPAM et l’employeur en cas de déplacement
  • ⚖️ Risques de redressement en cas de non-respect des règles

Impacts de la réglementation sur le droit du travail et le salarié en congé maladie

Au-delà du droit de la sécurité sociale, le départ à l’étranger pendant un arrêt maladie soulève des questions relatives au droit du travail et aux obligations du salarié.

Relation contractuelle et obligations du salarié

Le salarié bénéficiant d’un arrêt maladie est tenu de respecter certaines obligations : rester à son domicile sauf autorisation, se soumettre aux visites de contrôle, informer son employeur en cas de déplacement. En cas d’absence injustifiée, des sanctions disciplinaires peuvent être envisagées.

La jurisprudence récente modifie subtilement cette dynamique en supprimant la nécessité d’une autorisation préalable de la CPAM, mais le salarié reste soumis à des contraintes strictes visant à garantir son bon rétablissement.

  • 🏠 Obligation de rester à son domicile ou lieu de soin
  • 📞 Information à l’employeur sur tout déplacement
  • 🛑 Risque disciplinaire en cas d’absence injustifiée

Conséquences sur la relation employeur/employé

Le départ à l’étranger pendant un arrêt maladie peut engendrer des tensions dans les relations avec l’employeur, qui peut douter de la réalité du motif médical ou du respect des obligations de présence. Toutefois, tant que les règles de contrôle sont respectées, le salarié est protégé.

Le contexte légal et réglementaire récent invite à un dialogue renforcé entre employeurs et salariés pour éviter les conflits autour des congés maladie et déplacements internationaux.

Procédures administratives et notification obligatoire des déplacements internationaux en arrêt maladie

La gestion administrative du séjour à l’étranger pendant l’arrêt maladie est essentielle pour sécuriser le parcours indemnitaire et éviter des litiges.

Ancien dispositif d’autorisation et demande formelle à la CPAM

Auparavant, tout départ en séjour hors France pendant un arrêt maladie impliquait une demande d’autorisation préalable auprès de la caisse primaire d’assurance maladie, souvent 15 jours avant le départ. Cette demande devait être motivée par un avis médical.

  • ✉️ Envoi d’une demande écrite ou via l’espace personnel ameli
  • ⏳ Délai de traitement avant délivrance ou refus
  • 📄 Justificatifs médicaux à produire

Cette démarche visait à certifier que le séjour n’entraverait pas la guérison ni les visites de contrôle. Le rejet de la demande était souvent synonyme de suspension des indemnités.

Nouvelles recommandations et absence d’obligation d’autorisation

Depuis la décision du Conseil d’État en 2024, cette obligation d’autorisation ne subsiste plus. Les assurés peuvent partir sans accord formel, mais doivent prendre en compte :

  • 🌍 Continuer à être joignable et disponible pour les contrôles
  • 🩺 Prévoir un suivi médical adapté à l’étranger
  • ☎️ Informer la CPAM et l’employeur du déplacement

Bien que la demande formelle ne soit plus exigée, le respect du contrôle médical demeure impératif pour la conservation des prestations. Pour des conseils pratiques, une ressource utile est cet échange sur la sortie du territoire pendant un arrêt maladie.

Précautions sanitaires et choix du pays pour un séjour en congé maladie

Le choix d’une destination pour un séjour à l’étranger durant un arrêt maladie influence fortement les perspectives de rétablissement et la conformité réglementaire.

Critères médicaux à prendre en compte

Le séjour doit garantir un environnement favorable à la reprise de la santé, comprenant notamment :

  • 🌡️ Conditions climatiques adaptées à la pathologie
  • 🏥 Disponibilité des structures de soins et pharmacie
  • 🆘 Accès rapide à un service d’urgence

Le non-respect de ces critères peut compromettre le suivi médical et entraîner des risques pour la santé du salarié.

Impacts des conventions internationales et coordination des soins

Pour les pays membres de l’Union européenne, la présentation de la carte européenne d’assurance maladie facilite la prise en charge médicale. En dehors de l’UE, une assurance voyage adaptée est indispensable pour garantir le remboursement des soins éventuels et la prise en charge rapatriement.

Il est conseillé de choisir un pays où la coordination des soins est assurée et où les documents médicaux peuvent être facilement échangés avec les praticiens français.

  • 🛡️ Vérification des accords bilatéraux de santé
  • 📑 Prévoir un dossier médical complet et traduisible
  • 🚑 Souscrire une assurance santé expatrié adaptée
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Pratiques et conseils pour un séjour conforme et sans interruption des indemnités

Pour garantir que le séjour à l’étranger pendant un arrêt maladie reste en conformité avec la réglementation applicable, il convient de respecter plusieurs bonnes pratiques.

Planification et communication

Bien que l’autorisation de la CPAM ne soit plus exigée, il est recommandé de :

  • 📞 Prévenir son employeur par écrit du séjour prévu
  • 📧 Informer la CPAM via son espace personnel ou correspondance
  • ⏰ Choisir un séjour court et compatible avec le traitement médical

Gestion des contrôles médicaux à distance

Le salarié doit être joignable et disponible pour toute convocation médicale. Si un contrôle ne peut être effectué, il convient de fournir des justificatifs médicaux pertinents.

  • 📲 Garder un moyen de communication fiable
  • 📝 Constituer un dossier médical à jour
  • ✔️ Répondre rapidement aux convocations

Des ressources utiles détaillent ces procédures sur des forums spécialisés comme le forum dédié à l’arrêt maladie et départ à l’étranger.

Implications pratiques sur l’indemnisation et litiges fréquents

Les litiges liés au séjour à l’étranger en arrêt maladie portent souvent sur le maintien des indemnités et la justification de l’absence.

Typologies des litiges

Les contestations les plus fréquentes concernent :

  • ⚖️ Suspension indue des indemnités par la CPAM
  • ❌ Non-respect perçu des obligations d’alerte et information
  • 🚨 Doute sur la réalité de la maladie lors de déplacements touristiques

En cas de différend, le salarié peut saisir la Commission de Recours Amiable (CRA) de la CPAM ou engager une procédure judiciaire.

Recommandations pour éviter les conflits

Une action déterminée de prévention s’avère fondamentale :

  • 📑 Tenir un registre écrit des échanges avec la CPAM et l’employeur
  • 🩺 Respecter scrupuleusement les prescriptions médicales
  • 📅 Programmer les déplacements en accord avec le calendrier médical

Comparaison internationale et conventions relatives aux arrêts maladie en déplacement

Le cadre national s’inscrit dans une mosaïque de conventions internationales qui influent sur les droits des salariés malades en déplacement à l’étranger.

Standard européen et accords bilatéraux

Au sein de l’Union européenne, la coordination des systèmes de sécurité sociale prévoit une continuité de droit lors de séjours temporaires dans un autre État membre. La carte européenne d’assurance maladie facilite la prise en charge sanitaire et le maintien des prestations.

Aspect France Autres pays UE Pays hors UE
Autorisation préalable Non obligatoire depuis 2024 Variable selon les pays Souvent nécessaire
Indemnisation Maintien sous condition de contrôle Coordination assurée Assurance privée recommandée
Contrôle médical Obligatoire sur territoire national Soumis aux règles nationales Peu encadré

En dehors de l’UE, les règles sont plus fragmentées. Selon le pays, une couverture santé complémentaire est vivement conseillée, comme l’explique ce guide sur l’assurance mutuelle expatrié et la couverture santé à l’étranger.

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Mesures de prévention et éthique dans le cadre d’un séjour pendant un arrêt maladie

L’éthique est un levier important dans la gestion d’un arrêt maladie couplé à un séjour à l’étranger. Il est impératif de concilier respect des règles, transparence et souci sincère de la santé.

Transparence et responsabilité personnelle

Le salarié doit adopter une démarche transparente vis-à-vis de la CPAM et de son employeur, notamment dans la déclaration du déplacement. Cette attitude réduit les suspicions et contribue à une meilleure appréciation des circonstances médicales.

  • 📝 Déclaration complète et précise de la localisation et durée
  • 🤝 Collaboration avec les contrôleurs médicaux
  • 📵 Abstention de tout déplacement incompatible avec la pathologie

Prévention des abus et enjeux pour la sécurité sociale

Les organismes de sécurité sociale pointent régulièrement le risque d’abus, notamment pour des déplacements à visée touristique sous couvert d’un arrêt maladie. La lutte contre la fraude s’accompagne d’un appel à une vigilance accrue et à des contrôles renforcés.

Il convient d’éviter de mettre en péril la solidarité nationale en respectant les règles et en évitant les pratiques qui pourraient entraver le bon fonctionnement du système d’indemnisation.

Une attitude responsable est donc d’ores et déjà acquise, conjuguant droit au repos et obligations de santé publique.

Questions fréquemment posées sur le séjour à l’étranger pendant un arrêt maladie

Est-il obligatoire de demander une autorisation à la CPAM pour partir à l’étranger durant un arrêt maladie ?

Depuis la décision du Conseil d’État de novembre 2024, l’autorisation préalable n’est plus obligatoire. Toutefois, le salarié doit continuer à se soumettre aux contrôles médicaux et informer la CPAM.

Le médecin traitant peut-il autoriser un séjour à l’étranger pendant l’arrêt maladie ?

Le médecin peut recommander un déplacement pour raison thérapeutique, mais cela ne dispense pas le salarié de respecter les conditions de contrôle médical et d’information.

Les indemnités journalières sont-elles maintenues si le salarié part à l’étranger sans informer la CPAM ?

L’absence d’information constitue un manquement qui peut entraîner la suspension des indemnités, notamment si le contrôle médical ne peut être réalisé.

Comment s’assurer de la prise en charge des soins à l’étranger durant un arrêt maladie ?

Pour un séjour dans l’Union européenne, la carte européenne d’assurance maladie est indispensable. Pour les autres pays, il est conseillé de souscrire une assurance voyage adaptée.

Quels sont les risques en cas de contrôle médical non effectué à l’étranger ?

Le principal risque est la suspension temporaire des indemnités journalières tant que le contrôle n’a pas eu lieu ou qu’une justification valable n’a pas été fournie.

Source: www.lemonde.fr

Photo de Kevin Grillot
Rédigé & vérifié par

Kevin Grillot

Diplômé BTS Assurance Fondateur aidebtsassurance.com Actif depuis 2019

Diplômé du BTS Assurance au lycée Nicolas Ledoux de Besançon, j'aide les étudiants à réviser et réussir leurs examens depuis 2019. Ce site regroupe tous mes cours, fiches et outils pour préparer le BTS Assurance.

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